L'Italie dans mes veines

Cindy Doneda
L'Italie dans mes veines
Enfants d'Italiens
Témoignage recueilli par Cindy Doneda

par : Doneda Cindy

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C’est grâce aux récits de mes deux grands-pères et de mon père, ainsi qu’aux nombreux documents familiaux conservés que je peux aujourd’hui raconter notre histoire. Certes, il me sera difficile dans ce récit de proposer un point de vue dépourvu de tout sentiment. Une histoire personnelle, comme son nom l’indique, est le reflet d’un passé intime qui suscite de nombreuses émotions et une grande fierté. Mes proches eux-mêmes ont exprimé, lors de nos discussions, des points de vue personnels, certainement influencés par leur ressenti, mais c’est de cette manière que je connais notre histoire et que je souhaite la raconter…
Mon trisaïeul paternel et mon grand-père maternel sont tous deux immigrants italiens, mais ils sont issus de générations éloignées. Leur parcours et leur vécu sont ainsi très différents et permettent la découverte de deux voyages opposés, aussi bien concernant les motifs de leur départ que les conditions de leur voyage et leur intégration.

Un voyage qui remonte au début de l’immigration transalpine « moderne »

C’est au début du XIXe siècle que mon trisaïeul, Achille Francesco Doneda, originaire de Cisano di Bergamasco, décide de partir pour Rome afin d’intégrer la garde du Pape. Après une année de service au Vatican, il rencontre sa future femme, Filomena Berta. Il quitte alors Rome pour la rejoindre dans son village natal, une petite commune de la province de Savone, Altare. Ils se marient dans cette même commune alors qu’Achille a déjà trente ans. Il exerce le métier de tailleur de pierres, héritage des générations passées, mais la situation économique de l’Italie, faible en ressources minérales, le manque de travail, la pauvreté obligent beaucoup d’Italiens à émigrer. Il décide donc, à la naissance de son premier fils Francesco, mon arrière-grand-père, de partir seul travailler en France. Quitter sa terre et sa famille est difficile, mais il n’a pas le choix.

Connaissant moi-même les lieux, je sais que son parcours n’a pas dû être de tout repos. Le trajet Altare-La Valette, de nos jours, représente environ quatre cents kilomètres par autoroute. Les difficultés qu’il a pu rencontrer durant son voyage, pour une destination inconnue, deviennent alors évidentes.

Après de nombreuses haltes dans différentes villes où il exerce le métier de journalier (agriculture, vendanges…), il pose son sac à La Valette où il trouve une place de maçon sur un chantier important. Durant trente ans, sa vie est faite d’allers-retours entre la France et l’Italie, ponctués par les naissances de ses quatre enfants : Francesco (1884), Romolo, Iside et Remo. Lorsque Francesco est en âge de travailler, Achille l’emmène avec lui en France et il en fera de même avec ses deux autres fils, jusqu’au jour où la famille résidera définitivement à La Valette, aux alentours de 1915. C’est ainsi que débute l’histoire des Doneda en France.

À cette époque, le travail est abondant dans la région qui accueille de nombreux Italiens. Certains trouvent un emploi dans les mines de bauxite à Brignoles, d’autres sont embauchés à l’arsenal de Toulon ou encore pour les chantiers navals de la Seyne-sur-Mer.

Selon certains anciens, se trouvait à l’époque à La Garde, au pied du château, une carrière dans laquelle durant plus de cent ans, de nombreux Italiens auraient extrait les pierres qui ont servi à la construction de la Vieille Garde. On la surnommerait : « La Carrière des Piémontais ». Certains habitants de La Garde seraient les descendants de ces courageux travailleurs.

Mon arrière-grand-père, Francesco, trouve un emploi dans le bâtiment, dans l’entreprise où travaille son père, Achille. Quelques années après, mon trisaïeul crée sa propre entreprise, avec Francesco à ses côtés ; il travaille jusqu’à l’âge de quatre-vingt-six ans.

Cela montre l’incroyable volonté qu’avaient les immigrants de l’époque pour réussir leur vie, nourrir leur famille et laisser un patrimoine à leurs enfants. De nombreux entrepreneurs de la region sont des descendants d’immigrés italiens. On retrouve aujourd’hui encore des noms comme : Cortelloni Frères, Scappani, Monti, Verdino ou encore Doneda Frères !

Il est important de souligner que les immigrants transalpins arrivés dans le Var entre le milieu et la fin du XIXe siècle ont largement participé au développement de la région grâce à la réalisation d’importants travaux de construction (par exemple, la Corniche de Tamaris).

Certes, la région offre aux immigrants italiens de l’époque de nombreuses opportunités professionnelles, mais cela ne signifie pas pour autant qu’ils aient connu un quotidien paisible. Outre la difficulté des travaux effectués, l’intégration de la « nouvelle population » a elle aussi été difficile. Dans chaque ville « italianisée », se forment des communautés d’Italiens qui conservent leurs coutumes et subissent la discrimination des Français. Ces derniers les accusent de « voler » leur travail et leur pain.

Au fil des ans, la volonté, la force de travail, l’humanité et le respect que présentent les immigrés italiens, ajoutés aux points communs déjà existant entre les deux populations (religion, similitudes des langues), vont jouer en leur faveur et leur permettre de s’intégrer définitivement. Leur culture, leur gastronomie ainsi que leur savoir-faire, vont fortement imprégner notre société. Pour aboutir à une parfaite intégration, le chemin a été long. Non seulement les immigrés ont été confrontés au racisme extérieur, mais en plus, des tensions régnaient au sein même des familles. C’est la situation qu’a vécue Francesco, comme beaucoup d’autres immigrés, durant les deux guerres mondiales.

Appelé en 1915 pour combattre pour son pays natal, il déserte et choisi la France, pays qui le nourrit depuis des années. Il décide alors de se faire naturaliser et intègre la 312e compagnie de l’armée française en tant que brancardier. Ces événements créent un véritable conflit familial. Au même moment, son frère cadet, Remo, est appelé par l’armée italienne et meurt au combat. En 1925, il reçoit à titre posthume la Medaglia a ricordo della Guerra.

Lorsqu’arrive la Seconde Guerre mondiale durant laquelle Mussolini est allié à Hitler, les Italiens de France doivent choisir leur camp. Notre famille n’adhère pas aux idées fascistes de Mussolini, elle choisit la France, le camp de la liberté. Selon mon grand-père, mon arrière-grand-père disait toujours : « J’ai choisi la France car c’est le pays qui a nourri ma famille ».

Bien que je sois née en France et profondément attachée à mon pays, une partie de moi est et restera toujours italienne. Depuis l’enfance, l’Italie a toujours fait partie de ma vie. Mes vacances, c’était l’Italie ; le courrier que nous attendions impatiemment au moment des fêtes, c’était l’Italie ; les appels tard le soir, c’était l’Italie…

Mes parents étant tous deux d’origine italienne et de régions différentes, ils m’ont chacun transmis, à leur manière, l’amour du pays et de la langue. J’ai toujours aimé aller en Italie, je m’y sens si bien, et j’aime entendre et parler cette si belle langue qui a bercé mon enfance… Mon histoire familiale, tant celle qui appartient au passé que celle qui demeure est, sans aucun doute, la raison de mon parcours scolaire (études d’italien) et de mes motivations professionnelles (enseignement de la langue italienne). L’Italie et sa langue font, depuis toujours, partie intégrante de ma vie.

Mon père nous raconte depuis l’enfance l’histoire des Doneda. Les portraits sur les murs du salon ont toujours éveillé ma curiosité. Qui étaient ces étranges personnages qui m’effrayaient un peu ? Immédiatement, il nous racontait leur histoire. Sa grand-tante, Iside, sœur de Francesco, encore italienne à sa mort en 1990, lui a transmis depuis l’enfance notre histoire, ainsi que la culture italienne, pour qu’elle se perpétue. Mon père étant l’aîné, statut très important dans la tradition italienne, il était le garant de cette hérédité.

À la naissance de mon frère, en 1981, Iside a dit à mon père : « Maintenant que tu as un fils, je peux mourir ». Elle était désormais sûre que notre nom ne disparaîtrait pas. Quelques heures avant sa mort, sur son lit d’hôpital, elle a fait promettre à mon père de se rendre à Rome et à Bergame, en souvenir de son père, Achille.

C’est en 2004 que mon père et moi sommes partis, comme promis, à la recherche de notre passé. Après quatre heures de route et plusieurs arrêts dans les villes de Coni, Novare, Monza ou encore Milan, nous sommes finalement arrivés à Bergame.

Bergame est composée de trois parties : l’agglomération actuelle, la ville nouvelle et la vieille ville où se trouvent les institutions principales (bibliothèque, université, cathédrale…). On y accède par une grande route panoramique bordée de châtaigniers et entourée de remparts. La vue sur la vallée est exceptionnelle. Nous avons visité l’ensemble des monuments, la place ainsi que tous ses petits commerces.

Iside avait parlé à mon père d’un cimetière dans lequel reposaient certains de nos ancêtres, c’est donc en ce lieu que nous nous sommes ensuite rendus.

Il se trouve au centre-ville, immense, imposant, une ville à l’intérieur de la ville. Quand nous sommes arrivés sur place, nous nous sommes demandé comment nous allions faire pour trouver les tombes de nos aïeuls. Après une visite rapide, nous nous sommes aperçus que sans aide, la mission serait impossible. Nous avons alors décidé de nous renseigner auprès de l’administration du cimetière. L’employée qui nous est venue en aide a pu, grâce au recensement informatique du cimetière, nous guider de façon précise. Elle nous a expliqué que tout était répertorié depuis les années 1600. Grâce à son aide, nous avons découvert les tombes des grands-parents d’Iside ainsi que celles d’autres ancêtres.

Aujourd’hui, nous savons que résident encore à Bergame des Doneda, qui sont peut-être des membres plus ou moins éloignés de notre famille, mais que nous ne connaissons pas et qui ignorent très probablement notre existence.

Nous avons découvert d’autres éléments importants durant ce voyage. Nous avons appris ainsi que les noms de famille comme le nôtre qui se terminent en –eda ou –ada, sont des noms italiens depuis des générations en Lombardie et tirent leur étymologie du grand fleuve de la région, le fleuve Adda.

Après ce court séjour à Bergame, nous sommes allés à Altare, village natal de Francesco, pour y découvrir le monument aux morts sur lequel, selon Iside, apparaissait le nom de Remo, frère de Francesco, déjà évoqué, décédé durant la Première Guerre mondiale. En effet, Remo Doneda était inscrit sur le monument.

C’est enrichis et heureux de nos découvertes que nous sommes rentrés en France. Ce voyage a été pour nous une façon de rendre hommage à Iside ainsi qu’à nos aïeux. Il nous a permis de découvrir concrètement un passé resté en Italie, pour lequel nous avons beaucoup d’intérêt.

L’immigration italienne durant la Seconde Guerre mondiale

Après avoir présenté le parcours migratoire de mon trisaïeul et de mon arrière-grand-père paternels, il est essentiel pour moi d’évoquer mon grand-père maternel. Il est le seul parmi ses frères et sœurs à être venu vivre France, du fait de la guerre. Restent alors en Italie de nombreux membres de la famille. Depuis l’enfance, mes parents, mon frère et moi nous rendons régulièrement en Italie pour leur rendre visite. La destination de mon premier voyage était Castellamare di Stabbia, dans la périphérie de Naples, où vivaient nos cousins. J’ai ainsi découvert la ville, son patrimoine ainsi que le dialecte napolitain que parlait mon grand-oncle. Je garde de cette région un souvenir agréable : la convivialité, l’hospitalité, la découverte de lieux exceptionnels comme Pompei ou encore le Vésuve. Il y a quelques années, la famille d’Italie a déménagé, pour des raisons professionnelles, de Naples vers Gênes pour certains et Coni pour d’autres, ce qui m’a permis de découvrir de nouveaux endroits.

Si aujourd’hui une partie de la famille vit en France et l’autre en Italie, si notre pays natal n’est pas le même, c’est uniquement dû à l’immigration qui a eu lieu durant la Seconde Guerre, immigration qu’a vécue mon grand-père, Vincenzo Giannone.

Originaire de Palerme, il est mobilisé en 1940, alors qu’il n’a que dix-huit ans, et envoyé à Vibo Valentia, pour effectuer son service militaire dans l’aviation. Il intègre ensuite l’école d’artificiers de cette même région. Quelques mois après, il est transféré à l’école d’artificiers de Pérouse où il apprend à se servir des armes de fabrication anglaise pour se battre contre les Anglais, paradoxe qui le fait encore sourire aujourd’hui. Il est ensuite envoyé à Pise dans l’escadrille d’avions torpilleurs, puis transféré en train à Salon de Provence, dans les Bouches-du-Rhône, avec les troupes italiennes qui viennent occuper le territoire.

Le 26 juillet 1943, Mussolini est destitué et arrêté et en septembre 1943, l’armistice est signé avec les Alliés à Cassabile. À cette période, les Allemands font prisonniers de nombreux Italiens de France, dont mon grand-père, qui reste quinze jours dans une prison de Salon de Provence. Un officier allemand propose aux prisonniers deux solutions : combattre pour l’Allemagne ou travailler pour elle. Mon grand-père refuse de collaborer avec les Allemands et rencontre dans la prison des ouvriers français qui, par obligation, travaillent pour les Allemands. Ces derniers proposent à mon grand-père et à ses camarades de les aider à s’évader.

Les ouvriers ont pour habitude de rejoindre leur domicile à midi pour manger. Ils fournissent à mon grand-père et à ses compagnons des vêtements civils et leur prêtent leurs cartes d’ouvriers afin qu’ils puissent sortir à leur place à l’heure du repas. Ils sont accompagnés d’un des ouvriers français, qui, lors de son retour, rendra les cartes à ses camarades. Il est important de souligner le courage et la solidarité de ces hommes qui ont aidé les prisonniers italiens au péril de leur vie.

Mon grand-père et un de ses amis, Franco Bani, décident de se rendre à Marseille dans le quartier de Saint-Barthélémy, où se trouve la tante de ce dernier, Madame Guignola, dite Tata Lida. Ils partent à pied de Salon de Provence vers Marseille où ils rencontrent un barrage d’Allemands. Le gendre de Madame Guignola les emmène jusqu’à Saint-Bathélémy. Franco et mon grand-père restent environ deux mois chez Madame Guignola puis ils décident de partir car la situation devient dangereuse. Elle risque d’être fusillée si les Allemands découvrent la présence d’Italiens chez elle.

Un de ces voisins, un communiste en relation avec la résistance, leur propose de les emmener avec lui afin de rejoindre les résistants. Ils acceptent et se rendent ainsi à pied à Flassans (Var). Ils y restent quelques semaines puis décident de se rendre jusqu’à Saint-Maximin (Var) où ils rencontrent une autre personne affiliée à la résistance, qui leur fournit de faux papiers.

Une attaque allemande est ensuite déclarée, de nombreux Français sont tués, mon grand-père et son ami partent en train pour Lambruisse (Alpes de Haute-Provence). Ils trouvent dans une montagne un petit cabanon dans lequel les montagnards mettent le foin et ils décident de s’y réfugier.

Après un mois d’attente dans ce cabanon, en compagnie de soldats français, une attaque est signalée. Le groupe de partisans français part pour combattre les Allemands.

Mon grand-père raconte qu’une semaine après lors de son tour de garde, il aperçoit trois ou quatre hommes et pense que ce sont les soldats français qui sont de retour. Il se rend finalement compte que les hommes en question sont beaucoup plus nombreux et décide, avec un de ses compagnons, d’aller voir ce qu’il se passe. Ils entrevoient alors des soldats allemands, qui se mettent à tirer dans tous les sens, et décident de se cacher derrière des buissons.

Soudain, les Allemands entendent des mitraillettes. Apeurés et surpris, ils se jettent à terre, pour finalement s’éloigner, ce qui permet à mon grand-père et à son compagnon d’échapper à la mort. Quelques heures après, les tirs cessent définitivement et mon grand-père observe de loin les Allemands. Il se rend compte qu’ils ont emmené avec eux les Français encore sains et tué les blessés.

À la tombée de la nuit, il décide de partir, accompagné de Franco. Ils marchent toute la nuit et au petit matin, ils rencontrent un vieux montagnard italien qui vit avec sa famille dans un village des Basses-Alpes. Ce dernier leur propose de se réfugier dans une grange, non loin de chez lui et s’engage à les nourrir. Ils restent seulement quelques jours chez le paysan car ils ne veulent pas les mettre en danger lui et sa famille.

Mon grand-père et son ami décident de retourner en Italie à pied. Ils passent par le Col des Champs, puis par Saint-Étienne de Tinée (Alpes Maritimes) où ils rencontrent de nouveau un barrage d’Allemands. Il est quasiment impossible de passer… Ils trouvent alors un refuge pour la nuit durant laquelle éclate un violent orage. Le lendemain, une avalanche de pierres avait effacé le chemin par lequel ils étaient passés. Difficile de retourner sur leurs pas. Franco décide d’essayer de passer malgré le barrage tandis que mon grand-père reste sur place et passe la nuit seul entre deux rochers. Durant la nuit, il aperçoit dans l’obscurité, deux yeux qui le fixent. Il prend alors une pierre et la jette sur l’animal qu’il pense être un loup.

Un jour, les Allemands arrivent au village. Mon grand-père prévient le couple et tous vont se cacher en haut de la montagne. Avec eux, se trouvent deux gendarmes français qui, au moment de redescendre, sont fusillés par les Allemands.

 Le lendemain matin, il retourne sur ses pas et rencontre un autre montagnard qui lui propose de l’héberger à condition de travailler pour lui. Durant sept mois, mon grand-père travaille pour le berger, il l’aide à s’occuper de ses bêtes. À cette période, le village est désert. Il n’y a que le montagnard, mon grand-père et un couple de juifs originaires de Toulon.

Au moment du débarquement, les Allemands viennent réquisitionner le berger et ses mulets, tandis que mon grand-père reste sur place pour s’occuper des bêtes. À son retour, le montagnard décide de partir pour Miramas, accompagné de mon grand-père, à cause du manque de nourriture. Le voyage dure trois jours.

Mon grand-père reste trois mois à Miramas (Bouches-du-Rhône), jusqu’au jour où le gendre de Madame Guignola, informé de sa présence non loin de chez lui, vient le chercher pour le conduire à Marseille. Il est ensuite démobilisé et reprend la vie civile. Il est hébergé chez Madame Guignola et trouve un emploi en tant qu’ouvrier pour la construction d’une autoroute. Puis une amie de Tata Lida lui loue une chambre. Il souhaite par la suite retourner en Italie mais ne le fait pas pour un motif qu’il qualifie de « top secret ». Puis il rencontre ma grand-mère, Aimée Duran, ce qui le décide à rester définitivement en France.

Il travaille durant plusieurs années comme menuisier à Marseille tandis que ma grand-mère travaille comme vendeuse dans une maroquinerie. Ils décident ensuite d’acheter un kiosque à journaux dans cette même ville.

En 1959, 1960 et 1963, naissent ma mère et ses deux sœurs et tous partent pour Le Pradet. Ils achètent ensuite une droguerie à La Garde, dans laquelle ils travaillent durant des années.

Connaître le chemin périlleux qu’a vécu mon grand-père était pour moi quelque chose d’important. Ce parcours, tout comme le précédent, sont des éléments essentiels qui permettent de mieux comprendre d’où l’on vient et l’amour qu’on peut avoir pour un pays et sa langue. De plus, c’est de cette histoire familiale qu’est née mon envie d’étudier, dans le cadre d’une thèse de doctorat, la présence des Italiens dans le Var.

Cindy Doneda, 2007

Texte publié dans l'ouvrage Enfants d’Italiens, quelle(s) langue(s) parlez-vous ?

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